Avant de joindre les rangs de l'Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec, près de 200 constructeurs de la région métropolitaine étaient déjà membres d'une association régionale.
Née de la trempe des constructeurs Charles Forest, Paul P. Larivière et Charles-Guy Paré, l'Association des constructeurs d'habitation (ACH) a fait ses premiers pas le 8 mars 1950. Associés à la firme Lucerne Housing inc., Paul Larivière et Charles Forest fondèrent l'ACH pour faire valoir leurs droits et se protéger contre les inspecteurs fédéraux. Charles Forest en fut le tout premier président en 1950.
Défendre nos droits
«En 1950, rappelle M. Larivière, la majorité des inspecteurs de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), qui assurait les prêts hypothécaires des compagnies prêteuses, ne connaissaient pas grand chose à la construction. Ils se fiaient uniquement au livre des normes, ce qui occasionnait souvent de vives discussions entre les constructeurs et les inspecteurs».
Les premiers pas de l'association n'ont pas été faciles parce que la majorité des constructeurs n'y croyaient tout simplement pas. Charles Forest et Paul Larivière ont même défrayé la cotisation (10$) de certains constructeurs pour qu'ils deviennent membres de l'ACH. Le premier directeur général de l'ACH, M. Roland Charrette, ne touchait aucun salaire: les cotisation recueillies servaient alors uniquement à assurer le fonctionnement administratif de l'association.
Des débuts difficiles
La première année, environ 25 membres furent recrutés de peine et de misère. Les assemblées mensuelles, qui attiraient de trois à dix personnes, se tenaient dans le sous-sol de la maison de Charles Forest à Ville Mont-Royal, qui servait également de siège social.
De 1951 à 1955, sous la présidence de M. Charles-Guy Paré, une centaine de membres se réunissaient une fois par mois dans les restaurants Chez Dagwood ou Ruby-Foo's, à Montréal. À cette époque, six directeurs ont accepté d'endosser un billet à la Banque Royale pour pouvoir emprunter 2 000$ et permettre à l'ACH de fonctionner.
Pour se renflouer, l'Association décida d'organiser des parties d'huîtres, des jeux de casino et des tournois de golf. M. Paul Larivière dut payer de sa poche la première coupe de golf, mais ces activités rapportèrent plus de 5 000$ et le prêt fut remboursé en moins de six mois.
Persévérer et rassembler
En 1955, M. Paul Larivière accepta la présidence de l'ACH, qui devint, le 20 septembre 1956, l'Association des constructeurs d'habitations du district de Montréal. La même année, il accédait à la vice-présidence de l'Association canadienne des constructeurs d'habitations. Les réunions de cette association se déroulaient à Toronto. Pour y assister, M. Larivière devait aussi mettre la main à son portefeuille. Il n'existait alors aucun budget pour ce genre de déplacement.
«Pour augmenter notre membership, souligne M. Larivière, nous avons alors décidé d'ouvrir les portes de notre association aux membres associés, tels les sous-traitants, les fournisseurs et les professionnels. Lorsque j'ai quitté la présidence en 1956, nous avions 25 000$ en banque et quelque 250 membres».
De 1956 à 1961, l'ACH du district de Montréal a connu des jours si sombres qu'une entente par concordat fut nécessaire pour épargner l'association d'une faillite.
En 1961, l'ACH du district de Montréal se joint à l'Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec, qui fête en 1986, le 25e anniversaire de sa fondation. En février 1970, l'association régionale adopte une nouvelle appellation, soit, l'Association des constructeurs d'habitations du Montréal métropolitain, avant de finalement devenir, en 1981, l'APCHQ-Région du Montréal métropolitain.
Ce texte est l'adaptation d'un article écrit par B. Carrier et publié dans le journal Habitabec de novembre 1986.