L’éternelle question : la pratique

L’entrepreneur qui a dû reprendre la construction d’un mur pour atteindre la durée de résistance au feu prescrite

Nous savons qu’un mur coupe-feu est en réalité un type de séparation coupe-feu et qu’il doit être de construction incombustible (c’est-à-dire que le degré de résistance au feu est assuré par des matériaux incombustibles, comme les blocs de béton ou encore de la maçonnerie de brique). De son côté, la séparation coupe-feu peut être de construction combustible (en bois) et ne pas avoir de degré de résistance au feu, en fonction de l’aire, de la hauteur et de l’usage du bâtiment visé.

6 septembre 2024

De plus, mentionnons que dans une habitation régie par la partie 9, les murs mitoyens (érigés sur une ligne de lot) doivent être construits comme des murs coupe-feu, c’est-à-dire incombustibles. Cependant, il est possible d’échapper à cette règle si on remplit les trois conditions suivantes :

  • le mur mitoyen doit être construit comme une séparation coupe-feu d’au moins 1 h et séparer 2 logements qui ne sont pas placés l’un au-dessus de l’autre;
  • le mur mitoyen doit offrir une protection continue du dessus de la semelle des fondations jusqu’à la sous-face du platelage du toit;
  • tout espace entre la partie supérieure du mur mitoyen et le platelage du toit doit être bien rempli avec de la laine minérale ou un autre matériau incombustible.

Si ces trois conditions ne sont pas remplies, nous avons affaire à un mur coupe-feu et, dans ce cas, la partie 9 (Maisons et petits bâtiments) renvoie aux exigences de la partie 3 (Protection contre l’incendie, sécurité des occupants et accessibilité).

À la question : « Est-ce que mon mur doit être coupe-feu? », voici ce qui est réellement arrivé à un entrepreneur près de chez vous.

Je reçois d’un entrepreneur un courriel auquel est jointe une photo. Celui-ci me pose LA question à 100 $ : « le mur sur la photo, est-ce qu’il doit être coupe-feu? Si oui, combien de temps doit-il résister au feu? ». La photo montre un mur en construction composé de colombages métalliques et de gypse.

L’entrepreneur me mentionne que le mur sépare un garage d’un espace de bureau et que le concepteur a prévu une résistance au feu de 45 minutes pour cette cloison. J’ai besoin de plus d’informations. Souvenez-vous des trois concepts-clés : aire, hauteur, usage du bâtiment.

En parlant avec l’entrepreneur, j’obtiens les réponses à mes questions et les plans du projet. Après avoir posé les questions d’usage et reçu les plans, je constate qu’il s’agit d’un bâtiment dont l’usage est classé comme étant un établissement industriel. Le bâtiment en question abrite deux espaces nommés « garage », dont un est adjacent à un espace nommé « bureaux ». Bien que le mur n’ait pas l’obligation d’être construit comme un mur coupe-feu, la résistance au feu devra être de 1,5 h si le garage en est un de stationnement et 2 h si le garage en est un de réparation. Tout est dans l’usage. Généralement, pour atteindre 2 h de résistance au feu, il faut que la construction soit incombustible.  

L’entrepreneur a dû démolir ce qui avait été entrepris et reprendre l’érection du mur en blocs de béton, pour atteindre la résistance au feu requise de 2 h.